Tout d'abord, J. D. Salinger, l'auteur de l' Attrape-cœur est décédé aujourd'hui à 91 ans.
The Catcher in the Rye en VO raconte les deux jours d'errance dans New York du jeune Holden Caulfield après s'être fait viré de son école.
Et déjà les éditeurs s'agitent pour savoir s'il n'y aurait pas des inédits à publier et pas mal de fric à faire. Après le succès de son roman Salinger avait publié quelques nouvelles avant de se retirer du monde littéraire sans pour autant cesser d'écrire. Alors peut être qu'il existe une sorte de malle au trésor contenant tous ces textes (ou à défaut un disque dur) confié à un ami qui avait reçu pour mission de tout brûler à sa mort. Mais l'histoire littéraire a prouvé que ce genre d'ami n'est pas toujours fiable (genre Kafka et d'autres).
La publication posthume de textes pose problème c'est sûr, surtout si l'auteur était contre. Et comment porter un jugement sur la qualité littéraire de cette œuvre potentielle quand le prestige du nom de l'auteur vient d'être magnifier par son récent décès ?
Mark David Chapman, l'assassin de John Lennon avait un exemplaire sur lui au moment où il s'est fait arrêté. Le film Chapitre 27 avec Jered Leto, qui pour le coup n'est pas beau et fait même très peur (mais toutes les règles ont leurs exceptions : L'eau bout à cent degrés mais pas sur la Lune/ Jared Leto est beau mais pas dans Chapitre 27) montre l'obsession de Chapman pour ce bouquin qui lui fait perdre le sens des réalités et le pousse au meurtre.
Oui les livres sont dangereux.
D'ailleurs ont devrait les brûler.
Parce que le feu c'est "antiseptique, esthétique et pratique" comme le dit Beatty le capitaine des pompiers à Montag dans Fahrenheit 451 de Ray Bradbury.
J'ai fini ce bouquin il y a quelques jours et ce qui m'a le plus frappé c'est la pertinence et l'actualité de la vision de Ray Bradbury. Dans ce monde on brûle les livres, car en fournissant des informations contradictoires, en décrivant des situations irréalistes ils poussent les gens à s'interroger ce qui les éloigne de la paix et du bonheur. A la place la population est gavée d'informations, saturée d'images via les murs écrans de leurs salons ou les Coquillages, sorte d'écouteurs portés en permanence. La traque de Montag, l'ex pompier pyromane est retransmise en direct dans tous les foyers comme une prémonition de la télé réalité. Aujourd'hui les flux d'actualités, les tweets et autres statuts nous permettent de savoir ce qui se passe en direct à l'autre bout du monde. Mais au fond qu'est-ce que ça nous apporte de connaître les fonctionnalités de l' Ipad ?
" Bourrez les gens de donnée incombustibles, gorgez-les de faits, qu'ils se sentent gavés, mais absolument brillants côté information. Ils auront l'impression de penser, ils auront le sentiment du mouvement tout en faisant du sur-place." écrit Bradbury en 1953.
57 ans plus tard sa vision semble se confirmer, l'information l'emporte sur l'analyse, l'actualité efface la mémoire, le numérique supplante les formats papier .
Pourtant le livre intéresse encore du moins en tant qu'objet si l'on en juge par les créations de designers, architectes et autre créateurs qui se sont penchés sur l'objet livre .
Une bibliothèque-escalier, © Levitate Architects
Un serre livre fou, © Design My World
Une chouette idée de marque-page,
“Jacket+Bookmark” © Igor Udushlivy
Un collier de livres, © The Black Spot Books
Bon se sera tout pour aujourd'hui. Je voulais aussi parler de zombies et de Jane Austen mais je n'ai plus le temps donc ce sera pour une autre fois.
See ya.






