25 février 2010

Procrastination

Procrastination, running circles in my head
Simple Plan



En rentrant de vacances j'ai changé tous mes meubles de place, mis les livres qui étaient sur la cheminée sur l'étagère et du coup complétement réorganisé l'étagère en question, classé les factures, rangé rationnellement certains papiers importants, refait les piles de vêtements dans mon placard. Et puis j'ai vu cette vidéo.

Procrastination from Johnny Kelly on Vimeo.

Là j'ai réalisé que la procrastination était mon quotidien. Ce n'est pas simplement des devoirs faits à la dernière minute, des révisions en catastrophe la veille des exams. C'est bien pire. C'est la moindre tache repoussée, j'irais demain chez le cordonnier, je passerais plus tard au secrétariat. C'est une quantité de projets entamés jamais achevés, une pile de tissus qui attend derrière le rideau, un futur tableau qui prend la poussière. C'est lire au moins trois livres en même temps, et en commencer un nouveau à dix pages de la fin. 
C'est me lever assez tôt pour avoir le temps de ne rien faire.
C'est lire mes emails sans y répondre, pour y revenir plus tard, quand j'aurais le temps.
Procrastination is making a cup of tea, puis une autre, puis une autre, s'arrêter de bosser parce que c'est l'heure de goûter, boulotter du gingembre confit.
C'est passer minimum une heure tous les matins à consulter les infos, et puis plus tard feuilleter des magazines de mode japonais, traîner sur des sites de design. C'est emprunter des tas de livres à la bibliothèque en me disant que je travaillerais plus tard. C'est faire toutes les recherches pour un devoir mais rédiger au dernier moment. C'est passer le premier quart d'heure de chaque partiel le nez en l'air à regarder les autres travailler.
C'est tout faire traîner, ce sont les ampoules grillées, les boutons décousus, la vaisselle sale, des trucs tombés par terre et qui le restent. 
C'est me faire les ongles, me mettre de la crème sur les mains et du baume à lèvres.
Ce sont les listes qui s'accumulent sur mon bureau, dans mon agenda, dans mes carnets : passer au pressing, aller chercher le canapé, rendre les bouquins, acheter les billets de train, faire les courses, encaisser le chèque et aussi explication de texte anglais, dossier de presse, anthologie d'énigmes, exposé crise de vers, dossier Spleen de Paris, fiches de lecture...
C'est être incapable de se projeter dans l'avenir : qu'est-ce-que tu me parles de cet été, c'est dans super longtemps, je verrais plus tard, quand je serais grande, non je ne me vois pas avec un métier et des enfants, je mourrais de toute façon à vingt-cinq ans. 


C'est moi qui époussette le clavier plutôt que de conclure mon article.

20 février 2010

Du thé et des zombies

C’est ce qui résume Pride and Prejudicies and Zombies (Orgueil et Préjugés et Zombies en VF), le tripatouillage du classique de Jane Austen par Seth Grahame Smith.
La famille Bennet compte toujours cinq filles à marier, mais cinq guerrières prêtes à interrompre leurs tergiversations amoureuses pour pourfendre des hordes d’innommables.
Les péripéties sentimentales des sœurs Bennet, marquées par la réserve et les convenances sont entrecoupées d’affrontements avec des cadavres friands de cervelles fraîches.
Si les morts vivants s’invitent aux bals et perturbent les déplacements en voiture à chevaux, ils restent cependant de simples nuisances à exterminer avant de se rendre aux différents évènements mondains. Le texte original n’est finalement que très peu modifié et l’intrigue amoureuse, notamment entre Elisabeth et l’arrogant Darcy, domine.
C’est chouette, c’est drôle et décalé, on (re)lie un classique sans s‘en rendre compte.

Peut être que parsemer un classique de la littérature anglaise de petites touches de gore est le meilleur moyen de le faire lire.
Mélanger œuvre instituée et culture populaire est une bonne idée (même si à mon humble avis Grahame Smith ne va pas assez loin). L’horreur, la science fiction, la fantasy restent des genres marginaux méprisés, pas sérieux, pas valorisants alors qu'il s'écrit des trucs chouettes qui font réfléchir/mettent mal à l'aise/fascinent dans ces genres.